Buts : pérennisation, entretien, animation, développement et publicité du jardin.
Objectifs : échanges de savoir-faire culturels et intergénérationnels, transmission de l'histoire du Jardin Étoilé en lien avec celle de Paimboeuf, information du public, entretien du potager dans un but pédagogique, social et lié à la biodiversité.

 A l’origine, c’était une friche industrielle, des rails rouillées s’en échappent encore. Le vent d’ouest implacable et la Loire immense étendue d’eau « utile »… Les deux réunis, ça bouge, ça souffle, ça fascine l’œil et les oreilles. Pour visiter  Le Jardin Etoilé créé en 2007 par l’artiste japonais Kinya Murayama sous l’égide d’Estuaire, biennale d’art contemporain, il faut longer le quai Eole de Paimbœuf avec ses maisons étroites et hautes qui surveillent la Loire. Dès l’entrée, la « clôture magique » n’a rien de dissuasif , elle dit que le jardin a été conçu avec et pour des enfants, avec et pour des adultes qui gardent leur âme d’enfant.
Murayama « l’adulte qui nous écoute » comme disent les petits Paimblotins a observé, parlé, appris, transmis des savoirs. Partir des énergies naturelles, des matériaux vernaculaires (perches de bois, sable, terre, roseaux…) et de l’imaginaire des habitants. Faire entrer en collision le Japon et la Loire pour créer un lieu : réunir toutes ces volontés, c’était le souhait de Murayama. L’espace n’est pas lisse, il reste sauvage comme le fleuve tout près.
Les écoles, les lycées de Paimbœuf et Saint-Nazaire, les écoles d’archi de Nantes et Tokyo ont proposé leur savoir-faire.
On y a travaillé, on s’y promène, on y joue, on y observe, on se tourne avec plus d’acuité vers les lumières et les brumes du fleuve. Le jardin s’est enrichi d’un potager sorti de terre en 2009, c’est un site évolutif….
Fin février 2010, Xynthia : la Loire aidée par le vent se fâche, la digue rompt, le jardin est dévasté. Fermeture au public jusqu’au 14 juillet. Aujourd’hui, les touristes y reviennent, même à vélo, les jeunes de Paimbœuf s’y installent il faut même parfois les déloger, c’est devenu leur place publique. L’association en charge des visites et du potager, découragée, doit se remobiliser.
Et il y a à faire : Estuaire se chargera de la remise en état du site, la commune restaurera la digue rompue. Les élèves des écoles réfléchissent déjà à une proposition de Murayama qui ne les abandonne pas : concevoir un petit théâtre d’images pour conter des histoires, le Kamishi Bai en japonais. A plus long terme, les quais seront réaménagés en promenade pour regagner la vision de la  Loire, l’existence du jardin clarifie tous ces projets.
Lieu entouré de vent (Feng) et d’eau (Shuï),  ce Jardin étoilé pourrait bien  à force de mettre en synergie les habitants et la géographie, devenir un lieu qui relie, qui fait sens,  un « territoire » comme le définit Murayama : « un espace sans clôture, c’est à dire  à tout le monde, sans fermeture, pour la liberté »…

Texte de Siro Matorez.